Creuse : contrôle après les restrictions d’utilisation de l’eau

Le rendez-vous est fixé à 8h45. à Gouzon, à l’est de la CREUSE, au confluent de deux rivières : le Signollet et la Goze. Tout d’abord, l’eau coule, en douceur. Cette dernière est sèche par endroits et le peu d’eau semble encore stagnante. « En 35 ans de carrière, je n’ai pas vu ça aussi tôt dans la saison », raconte Patrick Depalle, inspecteur environnement au service départemental de la CREUSE. Ici, il ne faudrait que trois jours à plus de trente degrés pour que la brûlure sèche complètement.

Contrôler les particuliers et les collectivités

Contrôler les particuliers et les collectivités

Depuis le vendredi 22 juillet, la CREUSE est en alerte sécheresse renforcée, suite à un arrêté préfectoral limitant l’usage de l’eau. L’une des missions de l’Office français de la biodiversité (OFB) est de vérifier que les restrictions sont respectées. La première étape se fait à Verneige, au bord d’un étang privé. « La réglementation liée aux étangs est complexe, reconnaît Alan Riffaud, chef de service du département OFB au CREUse. Si une masse d’eau est alimentée en amont par un cours d’eau, elle doit, en aval, libérer la même quantité d’eau. Pour garantir l’écoulement, pour permettre la vie aquatique. »

Après avoir fait le tour de l’étang, les officiers sont contents : tout est en ordre. L’étang semble évacuer plus d’eau qu’il n’en absorbe, ce qui est suffisant pour maintenir la vie aquatique pendant la période d’étiage, c’est-à-dire. la période inverse de la crue, lorsque les rivières et les ruisseaux sont au plus bas.

Direction ensuite le stade de Gouzon : le green est vert, mais l’arrosage automatique est désactivé. « Encore une fois, c’est une réglementation de conformité, note Alan Riffaud. Les collectivités ont le droit d’avoir de l’eau à partir de 20 heures le soir jusqu’à 8 heures du matin. Cela semble être respecté ici. »

Selon l’arrêté préfectoral, les potagers, les cultures, les pépinières, les vergers, les terrains de sport et les golfs ne peuvent être arrosés entre 8h et 20h. Tous les autres espaces verts, pelouses, plates-bandes et même jardinières doivent rester secs, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. Il est également strictement interdit de laver les rues, les façades, les terrasses à grande eau, de remplir sa piscine ou son plan d’eau et de laver sa voiture, sauf pour les lave-autos qui recyclent l’eau.

Des cours d’eau et des rivières en grande souffrance

Des cours d'eau et des rivières en grande souffrance

La décision de la préfecture de la CREUSE s’appuie notamment sur les travaux de l’OFB, dont les agents sillonnent le département et relèvent le niveau d’eau de 35 stations ONDES. Aucune installation, aucun bâtiment : ces stations sont déterminées pour vingt ans, sur les ruisseaux et les rivières, car elles sont jugées pertinentes pour analyser la situation de l’eau en CREUSE.

La confluence de Signollet et de Goze, à Gouzon, fait partie de ces stations. Sur les lectures de l’OFB, il est étiqueté comme « faible débit visible », ce qui signifie qu’il y a encore de l’eau, mais que le débit est extrêmement lent. « On regarde plusieurs aspects, explique Alan Riffaud. Y a-t-il de l’eau ou pas ? Cette eau est-elle en mouvement ? En fonction de cela, on classe les stations en plusieurs catégories : débit visible acceptable ou faible, débit invisible ou sec. »

« Nous avons fait un état des lieux complet des 35 stations de la CREUSE le week-end dernier, explique Patrick Depalle. Seules trois sont jugées acceptables. Dans le cas de 27, le débit est trop faible. Et cinq sont même à sec. » Dans certaines stations, le débit d’eau n’est même pas calculé en litres par seconde, mais en centilitres par seconde. « Juste une chope de bière, résume Patrick Depalle. Vingt stations n’ont que 10 % du débit annuel moyen. Quinze sont en dessous de 5 %. C’est énorme ! Même en 2019, année de sécheresse historique en CREUSE, ces chiffres n’ont été atteints que plus tard dans l’année.